L’agriculture biologique peut-elle seule assurer la sécurité alimentaire ?

Des recherches menées par l’université de Göttingen ont montré que seule une combinaison de méthodes d’agriculture biologique et conventionnelle peut garantir la durabilité de l’agriculture dans le monde. Dans une étude sur les incidences de l’agriculture biologique sur l’environnement, le climat et la santé au niveau mondial, des agronomes de l’université de Göttingen, en Allemagne, ont constaté que la production d’aliments biologiques exige de très grandes superficies pour avoir un impact positif sur la biodiversité mondiale. La sécurité alimentaire n’est pas garantie, même dans les pays pauvres. Les résultats de l’étude ont été publiés récemment.

Qu’est-ce que l’agriculture biologique?

Elle est définie comme un procédé de production agricole et alimentaire qui combine les meilleures pratiques environnementales, des niveaux élevés de biodiversité, la conservation des ressources naturelles, des normes élevées de bien-être animal et des méthodes de production qui utilisent des substances et des produits naturels. La question qui se pose est : comment assurer la sécurité alimentaire ? Un certain nombre d’exigences légales sont donc en place pour garantir la qualité biologique des produits. L’une des tâches de la direction générale de la concurrence, de la protection des consommateurs et de la lutte contre la fraude est de veiller au respect de ces règles et de prévenir la fraude. Cette tâche est d’autant plus importante au vu de la croissance historique de la consommation de produits biologiques.

L’agriculture biologique ne s’applique pas à tous les produits. Par exemple, seuls les produits fabriqués selon des méthodes biologiques peuvent être biologiques. Produits agricoles non transformés tels que les céréales, les fruits, les fleurs ornementales, le lait et les œufs. Les produits issus de la chasse et du piégeage d’animaux sauvages ne peuvent être considérés comme biologiques car les conditions d’élevage et de stockage requises pour la certification ne sont pas vérifiées.

Qu’en est-il de l’agriculture biologique et de la sécurité alimentaire?

Les agriculteurs utilisent des méthodes de culture fondées sur des principes agro-écologiques et le système favorise, entre autres, l’utilisation des ressources naturelles, l’autosuffisance agroalimentaire, la haute valeur ajoutée des produits, la diminution de la consommation d’énergie et l’utilisation réduite des pesticides. Depuis sa création, le Conseil national de certification de l’agriculture intensive a mis au point un système de notation à trois niveaux pour le développement agricole ayant des pratiques particulièrement respectueuses de l’environnement. À chaque niveau, les exploitations doivent suivre un plan de gestion comportant des exigences spécifiques. Les indicateurs du niveau 3 comprennent les seuils de biodiversité, les stratégies de protection des plantes, la fertilisation et l’irrigation. Toutes les exploitations répondant à ces critères peuvent obtenir le label Haute Valeur Environnementale. En France, des milliers d’agriculteurs ont obtenu un certificat AOC sur la base d’un indicateur mesurant la performance environnementale de l’exploitation.

Quelles sont les solutions pour l’avenir?

Le changement climatique aura une incidence sur les besoins fondamentaux des personnes, en particulier la nourriture, les vêtements et les abris, et donc sur les moyens de subsistance des riches comme des pauvres. Les quatre piliers de la sécurité alimentaire – accès à la nourriture, disponibilité de la nourriture, utilisation de la nourriture et durabilité des systèmes de production alimentaire – sont au cœur de la mission de la FAO. Les quatre piliers dépendent du climat, mais le premier pilier est le plus étroitement lié au climat et au changement climatique. Même avec des récoltes suffisantes, les perturbations des systèmes de distribution alimentaire sur les marchés et en dehors de ceux-ci compromettent la disponibilité des aliments et menacent la sécurité alimentaire. L’urbanisation rapide dans de nombreuses régions du monde a créé des populations urbaines qui ne pratiquent pas l’agriculture de conservation et sont donc particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique.

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